COLLOQUE INTERNATIONAL
28/29 Novembre 2012

Université Badji-Mokhtar, Faculté des Sciences Economiques et des Sciences de Gestion
Annaba, Algérie


Organisé par :

Laboratoire de Recherche de Finance Internationale et d’Etude sur la Gouvernance et l’Emergence : LFLIEGE











Français / Arabe



ENTREPRENEURIAT ET INCLUSION FINANCIERE DES PME INNOVANTES AVEC REFERENCE AU CAS ALGERIEN


Problématique :

        1- Il est une richesse inépuisable, source de croissance et de prospérité : le talent et l’ardeur des femmes et des hommes. En d'autres termes, la véritable richesse aujourd’hui n’est pas matérielle, mais abstraite, immatérielle. Celle-ci fonde la valeur des entreprises, par exemple, la valeur de leur portefeuille de brevets, de leurs marques, ou la capacité créative de leurs équipes. C’est désormais la capacité à innover, à créer des concepts et à produire des idées qui fondent la chaine de valeur et l’avantage compétitif.

        La conception de l'innovation rompt, aujourd’hui, avec les analyses économiques classiques, focalisées autour de la dimension technologique du processus, à travers les critères habituels de mesure de la productivité et du progrès technique.

        L'économie de l'innovation se distingue, désormais, par trois facteurs:

  • Un bousculement de la frontière technologique ;
  • Un décloisonnement de l'application de l'innovation ;
  • Une greffe de l’innovation sur un capitalisme fondé sur les réseaux, en nette rupture avec le système de marchés.

        D’autre part, l'innovation s’impose comme palliatif face aux contraintes de la mondialisation de l’économie : accélération du temps, conséquence de la révolution des technologies de l’information, impliquant une plus rapide obsolescence des produits, une concurrence plus agressive et un consommateur plus exigeant.

        Enfin, la financiarisation s’est traduite par un recentrage sur les activités les plus créatrices de valeur, c’est-à-dire les activités immatérielles. Celles-ci se sont ainsi imposées comme une nouvelle composante, et le moteur déterminant de la croissance des économies. Elles trouvent un prolongement dans les innovations organisationnelles, institutionnelles ou sociales pour pouvoir afficher des performances de croissance, de compétitivité et de rattrapage.

        2- Ce débat interpelle le vécu réel de l'économie algérienne. Faiblement créatrice de valeur, le modèle de l'entreprise innovante, type PME / PMI, s'impose comme alternative louable, dans la mesure où un tissu de petites entreprises dynamiques est essentiel, non seulement à la création de valeur, mais également à la diffusion de l’innovation et de l’emploi. Il participe, en même temps, à la réhabilitation de l'économie de production, au détriment des activités de recherche de rentes. De cet arbitrage entre les deux activités concurrentes, productrices et consommatrices de richesse, dépendra l’allocation productive des ressources financières.

        La faisabilité de cette ambition reste, toutefois, tributaire de la mise en œuvre de mesures incitatives, dont le volet financement reste déterminant. Or, la proximité des services financiers demeure nettement en retrait des besoins exprimés, compte tenu de l’absence d’un espace financier, et du faible taux de bancarisation. D’autre part, la logique de l’inclusion financière implique impérativement une allocation qualitative des ressources monétaires.